L’erreur la plus commune, sur un séjour de deux jours dans le Pays d’Aix, consiste à vouloir tout entrelacer : une heure de ville le matin, un bout de sentier l’après-midi, un village au passage, un marché en fin de journée. Le programme paraît riche sur le papier ; dans les faits, il se solde par quatre trajets, deux stationnements compliqués et le sentiment persistant de n’avoir rien vu tranquillement. Un week-end court supporte mal l’émiettement.
La répartition qui fonctionne est plus simple, et c’est celle que nous décrivons le plus souvent aux clients de passage : une journée urbaine, une journée nature. Aix-en-Provence occupe la première, entièrement à pied, sans voiture, sans horaire contraint. La Sainte-Victoire et les villages qui l’entourent occupent la seconde, en voiture, avec des étapes courtes. Chaque journée a ainsi son rythme propre, son mode de déplacement, et son type de fatigue — les deux se complètent au lieu de se concurrencer.
L’ordre a son importance. Commencer par la ville le samedi présente deux avantages concrets : les marchés provençaux sont à leur meilleur le samedi matin, et les sentiers du massif sont nettement plus fréquentés le dimanche que la veille. Si vous arrivez le vendredi soir, vous pouvez d’ailleurs inverser sans rien perdre, à condition de garder le principe : une journée, une ambiance.
Reste la question du point de chute. Dormir en plein centre d’Aix simplifie le samedi mais complique le dimanche ; dormir au pied du massif fait l’inverse. Le compromis se trouve dans les villages intermédiaires, à une dizaine de minutes de la ville et à autant du massif. C’est exactement la position de Châteauneuf-le-Rouge, d’où nous écrivons ce carnet : la barre rocheuse est visible depuis le village, et l’autoroute est à quelques minutes.