Première chose à comprendre avant de chercher une table : la Sainte-Victoire n’a pas de restaurant. Le massif est un espace naturel protégé, sans village au sommet ni refuge desservi comme on en trouve en montagne alpine. Toutes les adresses se situent dans la couronne de communes qui l’entoure, à la charnière entre la plaine et les premières pentes. Chercher « une table sur la Sainte-Victoire » n’a donc pas de sens ; ce que l’on cherche réellement, c’est le village le mieux placé par rapport à son itinéraire.
Cette couronne se lit facilement sur une carte. Au nord, la route de Vauvenargues longe le versant abrupt. À l’ouest, Le Tholonet ouvre l’accès le plus fréquenté depuis Aix. Au sud, Beaurecueil, Saint-Antonin-sur-Bayon, Châteauneuf-le-Rouge et Rousset s’égrènent le long de la vallée de l’Arc. À l’est, Puyloubier ferme la boucle au pied du versant le plus sauvage. Entre le point le plus au nord et le plus au sud, comptez une quarantaine de minutes de route : ce n’est pas énorme, mais c’est bien assez pour transformer une pause en corvée si l’on s’est trompé de côté.
D’où la règle la plus utile de tout ce guide : choisissez votre table en fonction du versant où vous terminez votre journée, pas en fonction du classement d’un site d’avis. Une marche qui s’achève à Saint-Antonin appelle une adresse dans la vallée de l’Arc ; une boucle par le versant nord se prolonge plus naturellement vers Vauvenargues ou en redescendant sur Aix. Reprendre la voiture vingt-cinq minutes dans le mauvais sens après quatre heures de marche revient presque toujours à regretter l’adresse choisie, quelle que soit sa réputation.
Deuxième repère, moins évident : la densité de tables n’est pas homogène autour du massif. Les versants sud et ouest, plus peuplés et mieux desservis, concentrent l’essentiel de l’offre. Le versant nord, plus confidentiel, en compte nettement moins et ferme davantage hors saison. Si vous randonnez côté Vauvenargues un mardi de janvier, mieux vaut vérifier une ouverture avant de partir que de découvrir trois rideaux baissés en arrivant.