Le marché reste la porte d’entrée la plus simple. À Aix-en-Provence, les étals de produits frais se tiennent chaque matin, et les villages qui ceinturent le massif — Trets, Peynier, Fuveau, Rousset, Puyloubier — ont chacun leur jour, généralement le matin et jusqu’en début d’après-midi. La distinction utile s’y fait vite : un producteur ne propose qu’une poignée de produits, ceux de ses parcelles, avec des calibres irréguliers et des quantités qui s’épuisent ; un revendeur affiche quarante références disponibles toute l’année. Regardez aussi la manière dont l’étal est tenu — les fanes encore fraîches, la terre sur les racines, l’absence de cellophane — et n’hésitez pas à demander ce qui est bon aujourd’hui plutôt que ce que vous étiez venu chercher.
La vente directe à la ferme demande un peu plus d’organisation et récompense davantage. Les créneaux d’ouverture sont souvent réduits à une ou deux demi-journées par semaine, calés sur les impératifs du travail agricole. En échange, vous voyez les parcelles, vous comprenez pourquoi les tomates de cette année sont plus petites, et vous accédez parfois à des variétés qui ne partent jamais au marché parce qu’elles voyagent mal. Le réflexe utile : téléphoner la veille plutôt que de se présenter à l’improviste, et arriver dans le premier tiers du créneau.
Les paniers de producteurs et les AMAP constituent la troisième voie. Le principe — s’engager sur une saison, retirer chaque semaine un panier composé selon la récolte — a deux vertus : il sécurise le revenu de l’exploitation et il vous oblige à cuisiner ce qui pousse plutôt que ce dont vous aviez envie. La contrainte est réelle, notamment en hiver, où les blettes et les courges reviennent souvent. C’est aussi le meilleur apprentissage possible d’un calendrier de saison.
Deux moments de l’année méritent enfin d’être notés : la période de trituration, de fin novembre à janvier, où les moulins ouvrent leurs portes et où l’on goûte l’huile nouvelle, et les vendanges de septembre, où plusieurs domaines du piémont organisent des visites. Ce sont les seules occasions où l’on voit vraiment fonctionner un outil de production, et non un lieu de vente.